Depuis 2008, et de manière officielle depuis 2013, la Commune d’Uccle s’est engagée dans une démarche « zéro pesticide », en développant des modes de gestion écologique pour l’entretien de ses espaces publics. Parcs, voiries, cimetières, écoles… sont ainsi entretenus sans recours aux produits phytopharmaceutiques depuis plus de dix ans.
Cette transition s’inscrit dans une dynamique régionale plus large. Avant les élections régionales de juin 2024, le Gouvernement bruxellois a adopté de nouvelles mesures visant à renforcer l’encadrement de l’utilisation et de la vente de ces produits. Depuis le 1er août 2025, une étape importante a été franchie : l’usage de pesticides chimiques est désormais interdit aux particuliers en Région de Bruxelles-Capitale, y compris dans les jardins privés. Seuls les produits reconnus comme « à faible risque » peuvent encore être autorisés, sous conditions strictes.
Pourquoi cette interdiction ?
L’objectif de cette politique est multiple :
- Protéger la santé des habitants en réduisant l’exposition aux substances chimiques;
- Préserver la biodiversité, en particulier les abeilles, papillons et oiseaux;
- Garantir la qualité des sols et de l’eau, en limitant la dispersion de résidus polluants.
Cette mesure est d’autant plus importante qu’une partie du territoire ucclois se situe dans des zones de captage d’eau potable exploitées par Vivaqua. Les pesticides et leurs résidus peuvent s’infiltrer dans les nappes phréatiques, nécessitant ensuite des traitements coûteux pour rendre l’eau potable. Préserver ces ressources naturelles est donc un enjeu majeur.
Des espaces publics aux espaces privés
Les efforts menés depuis plus d’une décennie dans les espaces publics ont permis d’assainir durablement l’environnement urbain. Aujourd’hui, il s’agit d’étendre ces bonnes pratiques aux espaces privés : jardins de particuliers, copropriétés et espaces verts d’entreprises sont invités à s’inscrire dans cette dynamique. Cette évolution ne consiste pas seulement à supprimer des produits, mais à repenser en profondeur la manière de concevoir et d’entretenir son jardin.
Repenser son jardin plutôt que « traiter »
Adopter un jardin sans pesticides repose sur des principes simples et efficaces :
- Diversifier les plantations pour renforcer la résistance naturelle;
- Privilégier des espèces locales, adaptées au sol et au climat;
- Remplacer les pelouses exigeantes par des prairies fleuries, des massifs ou des plantes couvre-sol;
- Accepter une part de végétation spontanée, bénéfique pour les pollinisateurs.
Un jardin équilibré et diversifié devient ainsi plus résilient face aux maladies et aux ravageurs, tout en nécessitant moins d’interventions.
Un changement de regard
La présence de fleurs sauvages dans une pelouse ou au pied d’une haie n’est plus un signe de négligence, mais bien celui d’un sol vivant et d’un écosystème en bonne santé. Cette évolution des pratiques s’accompagne donc d’un véritable changement de perception.
Une mobilisation collective
La sensibilisation du public est au cœur de cette transition. Dans le cadre de son Agenda 21, la Commune collabore notamment avec l’ASBL Natagora, ainsi qu’avec d’autres acteurs publics comme Bruxelles Environnement et Vivaqua, afin d’informer sur les impacts des pesticides et de promouvoir des alternatives durables. Certaines initiatives locales illustrent déjà ces engagements, comme la labellisation « Réseau Nature » de sites emblématiques tels que les cimetières du Dieweg et de Verrewinkel, reconnus pour leur gestion favorable à la biodiversité.
Ensemble, faisons de nos jardins des espaces plus naturels, plus résilients et bénéfiques pour tous.
Pour plus d’informations
Contact
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